L’anecdote de Günther – Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse

En cette période de fête, je fais mienne cette citation d’Alfred de Musset « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ». Le génial écrivain français rattacha cette citation à une autre « aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse ». Mais il n’est point question içi de batifolage amoureux, j’ai envie de disserter sur l’ivresse, la joyeuse, l’enthousiaste, celle qui procure l’enchantement, qui délie les langues, qui fait rire aux éclats, qui réunit amis et famille autour d’un bon verre.

L’ivresse gaie, celle qui ouvre le cœur, qui libère les caractères les plus renfermés. L’ivresse qui procure enchantement, contentement, ravissement. L’ivresse qui fait briller la prunelle des yeux, qui rend poète, chansonnier, ménestrel. Ces instants magiques je les vis parfois à la vinothèque surtout lorsque la pression retombe après une semaine de labeur. La table centrale se remplit vite, on a envie de se détendre. On raconte sa semaine de travail d’abord, c’est impersonnel, on ne se dévoile pas encore. Après quelques verres arrivent les confidences intimes. Parfois le ton baisse devant l’importance de la confidence, avant de remonter lorsqu’arrive le moment ou l’un de nous décide de couper court aux épanchements et entame une chanson de son répertoire favori. Tout le monde le suit et c’est à celui qui chantera le plus fort. Puis on se quitte, ravi de la soirée et déjà un peu nostalgique.