Le Divico

Divico est le nom d’un général helvète, né en 130 av. J.-C. et mort en 58 av. J.-C. Il fut ambassadeur des Helvètes auprès de Jules César. Même si ce fait historique est aujourd’hui discuté, savourons la délicieuse idée que ce valeureux guerrier helvétique eut ses entrées dans la cour des grands.

Divico est aussi le nom d’un cépage rouge suisse tout droit sorti des laboratoires de Changins. Nom de code IRAC 2091 dans sa phase d’élaboration, il est issu d’un croisement entre le gamaret (cépage rouge) et le bronner (cépage blanc) tous deux également nés dans une pipette de laboratoire. Rien de bien romantique derrière la naissance de ce nouveau cépage dont les auteurs nous assurent qu’il est « profilé pour la viticulture du futur ». En effet, ce cépage est doté d’une résistance élevée au mildiou, à l’oïdium et à la pourriture grise, maladies fongiques qui pourrissent la vie des vignerons. Cela permettrait bien sûr de fortement réduire l’utilisation des produits phytosanitaire et d’améliorer ainsi l’écosystème de notre environnement. De plus ce cépage produirait moyennement des grappes ce qui n’obligerait pas nécessairement le vigneron à régler la récolte. Il pourrait donc faire l’impasse sur un travail fastidieux et pénible. Contrairement à la Syrah, dont le palissage est un véritable travail de Sisyphe en raison de ses rameaux qui ont une fâcheuse tendance à se courber, le Divico possède un port semi-érigé et se prêterait merveilleusement bien au palissage. Le Divico est un cépage à maturité tardif et se plairait bien sous la chaleur bienveillante des automnes valaisans. A part le fait qu’il est exposé à un risque de gel car il débourre précocement, la culture de ce cépage semble parfaite et assure des lendemains qui chantent aux vignerons. Quant aux œnologues, ils peuvent se réjouir de vinifier un cépage qui aurait « les capacités requises pour produire des vins très riches en couleur et en tannins de bonne qualité ». On brûle d’impatience de savourer ce nouveau nectar. Le Divico n’est pas le premier cépage sorti d’un laboratoire. Gamaret, Garanoir, Diolinoir, Carminoir et Galotta colonisent nos vignes depuis quelques années. Ils sont les cépages du futur, parfaitement adaptés à notre environnement changeant. La méfiance des débuts a fait place, notamment, à une réalité économique et environnementale de plus en plus difficile et exigeante. Saluons ici les efforts de nos chercheurs qui n’ont de cesse de vouloir nous faciliter le quotidien.

Vous reprendrez bien un verre de Divico ? Ça sonne plutôt bien non ?