Le marketing

Jadis le vigneron cultivait sa vigne, élaborait son vin et le vendait à une clientèle fidèle et constante. Le vin faisait partie du quotidien au même titre que le pain et la viande. La concurrence n’existait pratiquement pas, le vin étranger n’occupait qu’une infime partie du marché vinicole. La législation en matière vitivinicole était moins sévère rendant les travaux moins contraignants. Aujourd’hui les frontières sont ouvertes aux crus étrangers, le vin est devenu un objet de luxe, on ne boit plus pour étancher sa soif. Le vin est devenu un « art de vivre ». Les vinothèques fleurissent à chaque coin de rue, le consommateur « apprend » à déguster le vin, il devient critique et volage. Les amateurs de vins sont perpétuellement à la recherche d’une nouvelle découverte œnologique. Comment le vigneron s’adapte-t-il à cette nouvelle donne ?

Le vigneron continue de cultiver sa vigne et d’élaborer son vin. C’est le métier qu’il a appris. Toutefois la modernité lui impose de connaître un nouveau métier : le marketing. Ce terme anglais un peu barbare mais qui est devenu indispensable s’il veut vendre son vin et faire tinter son tiroir-caisse. Il est rarement préparé à cette activité qu’il ne goûte guère d’ailleurs. Souvent par manque de temps. Les travaux viti-vinicoles sont lourds et pesants, l’administration liée à une législation devenue tatillonne lui laisse peu de temps et d’énergie pour l’établissement d’un « plan-marketing » digne de ce nom. De plus c’est un homme de la terre ! Très à l’aise avec son terroir, moins avec les outils modernes de la communication. Mais il s’adapte comme il s’adapte aux aléas de la météo qui lui demande sans cesse de revoir sa copie. La plupart d’entre eux possèdent des sites internet, certains sont même présents sur « facebook » mais twitter n’a pas encore beaucoup de « followers » dans le monde du vin, du moins en Suisse. Les instances officielles proposent de plus en plus de cours sur le sujet, la formation continue bat son plein dans ce domaine. Autrefois confiné dans les travaux de la cave, il doit aujourd’hui se présenter à ses futurs acheteurs par le biais de foires aux vins qui sont légions de nos jours. Les clients veulent entendre ses histoires, il doit faire passer un message émotionnel. Il doit participer aux concours ou il peut glaner des médailles créatrices de notoriété. Le vigneron est un artisan aux multiples talents ; viticulteur et œnologue mais aussi gestionnaire, organisateur hors-pair et passeur d’émotions. Rendons-lui hommage pour toutes ces qualités et levons notre verre à sa santé !