Le repos de la vigne

Essoufflée, épuisée, éreintée, complètement vidée de sa substance, la vigne s’apprête à entrer en hibernation. Le sarment décharné a perdu ses feuilles et tremblotant au pâle soleil de novembre, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Il a fourni un travail considérable durant plusieurs mois. Depuis le mois de mars plus précisément où il se réveille avec le réchauffement de la terre. Ses racines se mettent alors doucement à vibrer et le cep s’ouvre à la vie avec les pleurs ; ce sont des gouttes de sève qui apparaissent sur les plaies de taille. A partir de ce moment-là, la vigne n’aura de cesse de pousser, de grandir, de travailler, de porter la future vendange, de l’amener à terme dans les meilleures conditions possibles. Gentiment d’abord puis dès le mois de juin, dès que la chaleur s’installe, elle va fournir un travail considérable tout au long de l’été.

A partir de la mi-août, la vigne commence à faire ses réserves pour l’hiver. La tige qui a porté les fruits se transforme en sarment, c’est l’aoûtement. La sève commence à descendre et les réserves vont s’accumuler dans les racines. Cette phase se prolonge jusqu’à la mi-novembre.

A ce moment-là, la vigne entre dans une phase de repos végétatif amplement mérité. Pour se protéger du froid, la sève se réfugie dans les racines. Elle ne circule plus dans la plante, il s’agit d’une sorte d’auto-défense contre le froid. De cette manière, elle pourra survivre jusqu’à moins 18 degrés. Ce processus de ralentissement de l’activité vitale porte le joli nom de sénescence. La plante vit toujours, elle dort simplement et cette période de dormance va lui permettre de reprendre des forces pour l’année suivante.