Corinne Melly

Corinne Melly, responsable des foires aux vins

Dans peu de jours, la saison automnale des foires aux vins débute et Corinne Melly arbore un air satisfait. Tout est en place pour les dix manifestations qui jalonneront l’automne pour se terminer au début du mois de décembre. Comme certains salons se tiennent en même temps, elle participera à sept d’entre eux, n’ayant pas encore le don d’ubiquité, souligne-t-elle en rigolant. La saison des foires ressemble à un marathon où il s’agit de ménager ses forces pour arriver en forme sur la ligne d’arrivée. Après dix années d’expérience, elle sait comment canaliser son énergie. Longues nuits de sommeil, repas légers et pas d’alcool sont sa recette absolue. Pour cette épicurienne, dont l’essentiel de l’existence repose sur l’appréciation d’un bon vin et d’une bonne table, la saison des foires s’apparente à une entrée en religion, faite de pondération et de tempérance.

La tournée débute à Sierre dans sa ville natale avant de se poursuivre à Lausanne puis à Lucerne, St-Gall, Berne, Bâle et Zürich. Les caves ouvertes d’automne aux Domaines Rouvinez à Sierre mettent un point final à la saison qui est captivante et fort palpitante. Il s’agit de conserver la clientèle existante et d’en acquérir une nouvelle. Les amateurs de bons vins sont devenus exigeants. Ils dégustent beaucoup, comparent, jugent, confrontent, aiment un millésime, rejettent le suivant mais reviennent toujours apaiser leur curiosité et prendre des nouvelles du Domaine.

Pour cette valaisanne parfaitement bilingue, le vin a toujours fait partie intégrante de sa vie. Gamine, elle passait ses mercredis et samedis après-midi dans les vignes familiales sans grand enthousiasme, le vignoble n’étant pas un terrain de jeux très amusant. A la maison, le vin trônait toujours sur la table de la cuisine et plus tard, avant de s’intéresser aux vins valaisans, elle a dégusté un grand nombre de vins étrangers. Ce n’est qu’à l’aube de ses quarante ans qu’elle a effectué une formation en viticulture et en oenologie à l’Ecole Spécialisée de Changins. Le vin vous apprend l’humilité, se plait-elle à dire car rien n’est jamais acquis, il faut sans cesse se remettre en question, déguster, re-déguster, se tromper, quémander à plus doué que soi, réfléchir, aimer, détester, reprendre, laisser de côté et réessayer. Ce n’est pas un long fleuve tranquille, une philosophie de vie qui, heureusement n’appartient pas à celle qui, à 53 ans, n’arrive pas à dire quel est son vin préféré. Il y a en a tellement, soupire-t-elle, avant de reprendre une gorgée de Trémaille, l’un de ses vins favoris.